Saviez-vous que certains de nos amis forestiers portent de véritables parures sur leur tête? On parle bien sûr de bois et des cornes! Deux structures impressionnantes, mais fondamentalement différentes. Et au-delà de leur esthétique, elles jouent aussi un rôle surprenant dans l’équilibre de la forêt.
Les cornes sont faites de kératine, comme nos ongles ou nos cheveux. Elles poussent toute la vie de l’animal, ne tombent jamais et se retrouvent chez les bovidés : vaches, chèvres, mouflons ou bisons.
Certains animaux doivent même les user en les frottant contre des rochers pour éviter qu’elles ne deviennent trop longues! À l’intérieur, on retrouve du cartilage et des vaisseaux sanguins qui nourrissent la corne pendant sa croissance.
Contrairement aux cornes, les bois sont faits d’os. Ils poussent seulement chez les mâles cervidés (cerfs, orignaux, wapitis…) à partir du printemps et tombent chaque hiver.
Pendant leur croissance, ils sont recouverts d’un velours très sensible, riche en vaisseaux sanguins, qui leur permet de pousser à une vitesse impressionnante : jusqu’à 2-3 cm par jour! Mais attention : durant cette période, un coup mal placé ou une bagarre peut les abîmer… et diminuer les chances de séduire une femelle. Chez ces espèces, le plus grand panache est souvent signe de force et de bonne santé.
Fait étonnant : chez le caribou, même les femelles portent des bois! Elles les gardent tout l’hiver pour creuser la neige et accéder à la nourriture, et pour défendre leur territoire face aux mâles. Une stratégie bien pratique pour assurer de bonnes réserves avant la naissance de leur petit au printemps.
À l’automne, c’est le temps du rut : les mâles rivalisent pour séduire les femelles.
Les cerfs de Virginie et les wapitis forment parfois des harems de 20 à 30 femelles, prêts à se battre pour leur conquête. Certains mâles perdent jusqu’à 20 % de leur poids tellement la compétition est intense!
Les orignaux, plus discrets, séduisent plutôt une femelle à la fois.
Chez les caribous, mâles et femelles vivent séparément; les mâles se battent pour établir leur hiérarchie, et le dominant gagne l’accès à plusieurs femelles.
Dans tous les cas, les bois servent autant d’armes que de symboles de force.
Au-delà de leur rôle dans la séduction, les bois ont aussi un impact direct sur la forêt :
Les mâles les utilisent pour casser ou secouer des branches, ce qui ouvre des trouées dans la canopée. Résultat? Plus de lumière atteint le sol, et certaines plantes peuvent se régénérer.
Une fois tombés, les bois se décomposent, enrichissant le sol en nutriments.
Les rongeurs, eux, s’en régalent : riches en calcium, les bois sont une ressource précieuse qu’ils s’empressent de gruger.