Portrait du travailleur | Transporteur de bois

Depuis 9 ans, Olivier Léonard parcourt près de 500km par jour entre les chantiers forestiers et les usines de transformation du bois. En tant que transporteur de bois, Olivier nous a expliqué la différence entre son métier et celui de camionneur. Deux métiers qui finalement s’avèrent très différents…

Olivier Léonard a grandi dans le milieu forestier. Son temps passé à travailler dans des érablières ou sur un lot boisé à bûcher lui a permis de développer ses connaissances sur les différentes essences d’arbres. En plus d’avoir un peu d’expérience en excavation, il a combiné ces deux savoirs en devenant transporteur de bois. Même s’il n’a pas suivi de formation professionnelle, il a tout de même suivi un cours pour obtenir son permis de conduire de classe 1 qui est obligatoire pour effectuer les fonctions de camionneur.

Camionneur vs transporteur de bois

Les journées d’Olivier commencent très tôt, premier arrêt : le garage.

«Je me lève vers 4 h 30 ou 5 h 00 et je vais au garage en premier pour faire une inspection du camion pour être au chantier vers 7h00», explique-t-il.

Une fois arrivé au chantier, il doit remplir son camion du bois qui a déjà été coupé et cordé par les entrepreneurs forestiers. Heureusement, il est équipé d’une chargeuse sur son camion. C’est en autre ce qui différencie son métier de transporteur de bois à celui de camionneur. Ce n’est pas tout le monde qui aime faire cette partie du travail nous explique-t-il :

« il faut être à l’aise avec le froid, les moustiques, mais aussi avec les essences de bois et la mécanique ».

En effet, selon l’usine vers laquelle se dirige le bois, les essences varient selon l’utilité. D’ailleurs, lorsque nous avons rencontré Olivier, il remplissait son camion de peuplier coupé en billot d’une longueur bien précise pour répondre aux besoins d’une usine de matériaux de construction.

« Si je mets autre chose ou que je me trompe, je perds mon temps, car l’usine ne l’acceptera pas » a-t-il ajouté.  

Où va le bois ?

En poste pour Contracteur forestier Alain Lahaie, Olivier charge, décharge et entretien son camion depuis maintenant 9 ans. En tant que transporteur de bois, son rôle est d’apporter le bois coupé provenant de chantiers forestiers vers les différentes usines de transformation. Étonnamment, même s’il parcourt environ 500km par jour, sa route ne déroge jamais plus loin que les régions limitrophes à Lanaudière, soient les Laurentides et la Mauricie. En quoi, que le bois coupé dans une région est redistribué dans les usines locales!

Un métier dangereux ?

Une fois son camion chargé, il attache le bois fermement à l’aide de chaînes. Pour ce faire, il doit marcher sur les billots glacés, ce qui ajoute un élément dangereux à son travail, car s’il ne fait pas attention, il peut glisser en bas du camion. Autrement, être aussi chargé sur les routes peut mettre les transporteurs de bois dans des situations périlleuses.

« Il m’est déjà arrivé d’être pris dans une côte mal déneigée et que le camion s’est mis à reculer dû au poids du bois à l’arrière. Rendu à ce moment-là, on ne peut plus rien faire à part de s’assurer de rester dans le chemin et que rien de grave n’arrive une fois arrêté en bas…» nous a raconté Olivier.

Un métier solitaire et important pour la forêt

Autre que les conditions parfois dangereuses et incommodantes que demande le métier de transporteur de bois, Olivier se réalise à travers son métier principalement parce que c’est un travail solitaire qui lui permet de gérer lui-même ses horaires. De plus, il est fier d’être un important morceau du cycle de transformation du bois. En effet, lorsque les usines transforment le bois, elles emprisonnent le carbone que l’arbre a accumulé au long de sa vie dans les objets de notre quotidien :

« mon rôle, est de m’assurer qu’aucun bois n’est gaspillé et que l’ensemble du bois coupé se rende à l’usine. »

Olivier nous a aussi partagé que lorsqu’il arrive au chantier, il voit les effets positifs de la coupe sur la forêt :

« regarde on voit maintenant le soleil rentré sur les arbres contrairement à avant »…

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