Portrait du travailleur | Opérateur d’équipement de sciage

Guy Beaulieu est un fidèle employé de la Scierie Saint-Michel depuis maintenant 50 ans. Il fait partie de l’équipe depuis les débuts de l’entreprise et a été témoin de grands changements dans l’industrie forestière. À travers son histoire, il a travaillé à différents postes aux commandes d’équipements de production. Il est maintenant opérateur sur la première ligne de sciage depuis 20 ans. Guy est les yeux de la scierie au quotidien.

La Scierie Saint-Michel se spécialise dans la fabrication des produits de bois finis pour fournir les quincailleries de partout en Amérique du Nord. L’usine détient deux lignes de production, une pour le gros bois et une pour le petit bois. Les deux lignes diffèrent selon la grosseur des billes et la manière dont elles les transforment selon différents patrons de coupe détectés par un lecteur 3D.

AU QUOTIDIEN

Opérateur d’équipement de sciage est un métier que l’on peut croire répétitif et routinier, mais Guy le fait depuis 50 ans et il est loin de s’en lasser. « Juste l’odeur j’aime ça, quand j’entre pis que ça sent le sapin, ça me fait de quoi.» 

En tant qu’opérateur sur la ligne principale, Guy manœuvre deux machines, soit le Canter-Twin et le Bull, ainsi que cinq bacs de billots de bois. L’une des machines scie le billot, et l’autre dispose d’une dizaine de scies qui le fractionnent en plusieurs planches de 2 pouces (2X6 et 2X4). Sa ligne de production est la ligne de gros bois. Selon la journée, entre 60% et 80% du volume produit vient de la ligne de gros bois.

« Juste l’odeur j’aime ça, quand j’entre pis que ça sent le sapin, ça me fait de quoi.»  

 

« Il serait exact d’affirmer que la ligne Canter-Twin-Bull est probablement l’équipement dans la Scierie qui a le plus d’impact sur la production! »

nous a affirmé Rémy Champoux, surintendant des séchoirs et du sontrôle qualité à la scierie.

Les principales tâches d’un opérateur d’équipement de sciage sont de contrôler la machinerie, surveiller l’arrivée et la sortie du bois, et s’assurer que tout aille bien!

« On a toujours un challenge, on regarde ce que les gens de l’autre quart de travail ont fait et on essaie de faire mieux.»

Les horaires de travail sont variables chaque semaine, soit de 7 h 00 à 15 h 00 ou de 17 h 00 à 1 h 00. Il faut donc aimer avoir un horaire changeant.

QUALITÉS ET COMPÉTENCES

Être opérateur d’équipement de sciage c’est être attentif, allumé et visuel. «Il faut regarder partout en même temps, c’est toi les yeux de l’usine, car c’est toi qui envoies le bois.» Tout se passe rapidement, il ne faut donc pas être lunatique et en échapper pour que le travail d’équipe se déroule correctement. Comme Guy assure une tâche en tête de ligne, soit celle du sciage, c’est lui qui fait entrer le bois et qui le distribue dans le reste de la chaîne.

«C’est toujours la même chose, mais tu es toujours occupé, tu n’arrêtes jamais.» nous a affirmé Guy.

UN TRAVAIL SOLITAIRE, MAIS D’ÉQUIPE

Même si Guy est seul derrière sa console, son travail se fait en équipe. « Quand ça scie, ce n’est pas moi, c’est tout le monde. Un moulin à scie ça fonctionne en équipe, car c’est une chaîne » nous a expliqué Guy. Il faut que tout le monde assure leur rendement pour que le reste de la chaîne produise bien. En tant qu’opérateur sur la ligne principale, il est possible d’avoir de la pression, car c’est la ligne la plus productive.

L’HISTOIRE DE GUY

Originaire de Saint-Michel-des-Saints, Guy a commencé à travailler à l’âge de 17 ans pour le moulin à scie de la région.

« Quand j’ai commencé, c’était des scies à ruban contrôlées par des scieurs [pas des machines].»

 Avec le développement de la transformation du bois d’œuvre, les moulins à scie sont devenus des scieries, des usines mécanisées.

« Aujourd’hui c’est beaucoup plus vite, tout est comptabilisé et automatisé, c’est moins à bras.»

Guy nous a également confié qu’il a dû suivre une formation de plusieurs semaines lorsque la technologie a évolué. «Quand ça a commencé les ordinateurs, j’ai fait le saut, mais on m’a montré et j’ai appris.» Même s’il a fallu s’adapter, Guy est bien content que la technologie ait rendu le métier plus facile.

Ce n’est pas juste la machinerie qui a évolué, mais aussi les ressources humaines. Comme on le sait, un grave manque de main-d’œuvre s’abat sur le secteur forestier.

« Y’était un temps qu’on avait des employés et c’était toujours les mêmes. C’était aussi transmis de père en fils. Le plus jeune dans l’équipe avait 25 ans d’ancienneté!»

MANQUE DE MAIN-D’OEUVRE:

L’IMPORTANCE DU TRAVAIL D’ÉQUIPE

Lorsque Guy et moi avons commencé à aborder le sujet du manque de main-d’œuvre, les autres employés présents se sont arrêtés et avaient également un mot à dire. C’est un enjeu qui touche beaucoup les travailleurs de la forêt et du bois. « L’équipe qui a évolué ensemble à la scierie a pris sa retraite et il y a un manque de relève.» nous explique Guy.

« Quand je travaille, je ne pense pas juste à moi, je pense au jeune en arrière de moi. Faut que ça continue et que ça scie pour lui assurer un emploi. »

FORMATION

Depuis maintenant un an, un DEP en opération d’équipement de production est offert dans différentes usines situées à Saint-Michel, dont la Scierie Saint-Michel. Les étudiants apprennent le métier d’opérateur d’équipement directement sur le terrain et la formation assure même une rémunération. Offert par le Centre Multiservices des Samares, le DEP est en soi une voie pour pallier à ce manque de main-d’œuvre.

Portrait du travailleur | Opérateur d’équipement de sciage