Portrait du travailleur | Élagueur

Samuel Chaput-Camplone est originaire de Saint-Damien et pratique le métier d’élagueur depuis maintenant 6 ans. Après avoir fait son stage final chez Arbre NB inc., il a depuis toujours travaillé pour cette entreprise lanaudoise d’émondage et d’abattage d’arbre. Passionné de ce métier hors du commun, il nous partage dans ce portrait du travailleur sa réalité quotidienne d’être attaché aux sommets des arbres…

Attaché avec une corde et un harnais, un élagueur grimpe aux arbres pour procéder à son entretien ou son abattage. Globalement, c’est ainsi que se définit ce métier très intrigant que pratique Samuel Chaput-Camplone depuis qu’il a terminé son DEP en élagage au Centre de formation horticole de Laval.

« Nous exécutons aussi d’autres tâches, comme la plantation, la fertilisation, l’administration de vaccins et le haubanage.[1] »

[1] L’haubanage permet de diminuer le risque de chute d’une branche affaiblie.

FORMATION

« En secondaire 4, j’ai vécu l’élève d’un jour au DEP d’élagage et je me suis tout de suite dit que c’était ça que je voulais faire dans la vie! »

Samuel a donc suivi la formation de 915 heures qui lui a permis d’apprendre les grandes bases du métier. Lors de son stage final, c’est avec Nicolas Boulianne, son patron actuel, qu’il a vraiment appris les réalités de l’élagueur. En effet, c’est une fois rendu sur le marché du travail que Samuel a compris le travail terrain en vivant toutes sortes de situations.

«Le DEP est vraiment complet, mais c’est avec Nicolas que j’ai appris, car j’ai pu me mettre dans de réelles situations de travail.»

LE MÉTIER AU QUOTIDIEN

Au quotidien, Samuel s’amuse surtout avec ses collègues. Lors de notre rencontre, j’ai eu la chance de passé l’avant-midi avec lui et ses coéquipiers pour vivre une journée d’élagueur. J’ai tout de suite senti la belle chimie entre lui et sa gang, autant au niveau professionnel qu’amical.

Il débute la journée avec la préparation du matériel au point de base, par la suite chaque journée est différente. Les contrats sur lesquels il travaille varient. Une fois le travail terminé, ils reviennent au point de base pour assurer l’entretien du matériel et de la machinerie pour le lendemain.

Un métier d’équipe

Dans le métier d’élagueur, il est essentiel de travailler en équipe. La communication est la clé pour un travail réussi et sécuritaire.

Autrement, Samuel n’a pas de difficulté à travailler à l’année. Bien que l’hiver est une saison plus creuse pour les élagueurs, il est tout de même possible de détenir des contrats. Dans le cas de Samuel, lorsqu’il y a moins de travail durant cette période, il fait du travail d’abattage manuel.

Les milieux de travail d’un élagueur

En tant qu’élagueur, il est possible de travailler dans différents milieux. En autre, le milieu privé, comme Samuel, mais aussi le réseau Hydro-Québec et les différentes municipalités ont besoin d’élagueur à l’emploi.

Les contrats consistent souvent à aller travailler sur des terrains privés, mais aussi près des lignes d’Hydro et des chantiers de construction.

L’ÉQUIPEMENT ET LES TECHNIQUES DE GRIMPE

L’outil indispensable à l’élagueur est évidemment la scie mécanique. Autrement, pour grimper, il travaille avec de la corde, un harnais, des mousquetons, ainsi que des éperons aux pieds. La scie manuelle à élagage est aussi très utile. Également, ils utilisent de la machinerie comme une déchiqueteuse et une dessoucheuse.  

Il y a plusieurs techniques de grimpes et de cordes. Samuel en a appris plusieurs à l’école, mais une fois rendu en milieu de travail, le choix revient à l’élagueur. Certaines permettent de moins forcer, d’autres sont plus accessibles en ayant moins de matériels.

Pour sa part, Samuel utilise le système de corde valdôtain qui lui permet de grimper avec une poulie et un nœud de Blake.

« C’est plus difficile, mais il y a moins de gadgets. Ça permet de dépanner et c’est accessible.»

UN MÉTIER DIFFICILE?

«C’est un métier difficile physiquement et même dangereux», nous a confié Samuel. « Il m’est déjà arrivé de comparer notre travail à une journée de CrossFit.»

Heureusement, son milieu de travail lui permet de faire plusieurs autres tâches pour varier de celle de grimpeur. Il peut faire le travail au sol, transporter les branches, transporter les billots de bois et utiliser la machinerie.

« Même si ces tâches sont difficiles physiquement aussi, ça permet de se dégourdir du fait d’être toujours  dans les airs avec un harnais.»

Certains élagueurs terminent leur carrière plus jeune étant fatigués du métier.

«Pour pouvoir travailler toute sa vie, il faut travailler intelligemment» nous confirme Samuel, d’où l’importance de travailler en équipe. Avoir un bon patron est aussi primordial, « avoir quelqu’un qui te supporte et qui prend le temps de te montrer et de te former. »

« Ce n’est pas un métier sans risque, tu ne peux pas terminer l’année avec aucune blessure. »

Les blessures les plus courantes sont les grafignes dues aux branches, mais aussi un coup de scie mécanique peut arriver. Samuel s’est déjà affûté un doigt et s’est fait cogner par une branche dans le passé, il faut donc être attentif et bien communiquer. Lorsque l’on se retrouve au sol, il faut toujours regarder les gestes du grimpeur pour ne pas recevoir de branche.

« Comme on dit, il ne faut jamais faire confiance à son grimpeur».

QUALITÉS ET COMPÉTENCES

Considérant les risques du métier d’élagueur, pour devenir un bon professionnel, il faut surtout savoir travailler en équipe et être en bonne condition physique. Samuel ajoute également qu’il ne faut pas être téméraire et savoir mettre ses limites, car c’est dans ces moments qu’une situation dangereuse se présente. Avoir un bon mental est aussi important, car il ne faut pas être distrait.

DÉFIS ET CONTRAINTES

« Les défis, c’est les arbres qui nous les donnent, car chaque arbre est différent. »

Des obstacles comme le positionnement des branches par rapport au toit, à une piscine ou des fils électriques, ainsi que le fait que l’arbre soit mort, apportent un défi supplémentaire à l’élagueur.

Bien que le métier apporte le plaisir de travailler à l’extérieur, la température joue beaucoup sur les conditions de travail et peut être parfois contraignante. Pluie, froid et chaleur n’empêchent pas les élagueurs de travailler, mais demandent de s’adapter.

« J’aime mieux ne pas calculer mes heures et ne jamais dire à l’heure que je termine de travailler. »

Les heures de travail sont très variables, il faut que le travail de la journée soit terminé avant de retourner chez soi. Des imprévus peuvent aussi allonger les journées de travail.

UNE PROFESSION, UNE PASSION

La gang, être dehors, l’adrénaline, avoir un bon patron et le fait que les journées ne se ressemblent pas sont des éléments qui font en sorte que Samuel se lève chaque matin motivé d’aller travailler.

« Je vois ça comme un trip, j’aime le trip de faire de l’escalade, de voir les branches tombées, de sentir le vent quand un arbre tombe ou simplement le trip d’être attaché en haut d’un arbre et sentir le vent m’emporter.»

Samuel nous confie également être passionné de son outil de travail : la scie mécanique.

« C’est un outil dangereux et puissant.»

RÉCUPÉRATION DU BOIS

Lorsque le client ne récupère pas le bois coupé, l’entreprise Arbres NB inc. pour laquelle Samuel travaille récupère chaque parcelle de bois. La déchiqueteuse permet de réduire les branches en paillis qui est ensuite transmis à des fermiers et agriculteurs de la région.  En autre, ils ont un partenariat avec la Bleuetière Asselin de Lanoraie. Autrement, l’entreprise produits des planches de bois eux-mêmes ou produits des planches en scierie quand le bois est trop gros. Ils font également du bois de chauffage destiné à la revente.

ÉLAGUER POUR LA SANTÉ DES ARBRES?

L’élagage consiste souvent à satisfaire des besoins esthétiques, de sécurités et de luminosités. Bien qu’un arbre est capable d’être en pleine santé par lui-même, les élagueurs sont là pour faire un travail de nettoyage, afin d’assurer une meilleure longévité à ces grands végétaux.

Portrait du travailleur | Élagueur